25 mars 2025administrateur
Le défi des églises aujourd’hui est souvent le recrutement de jeunes pasteurs qui pourront donner un nouveau souffle à nos assemblées.
Qu’en est-il des pasteurs sur le départ ? Que deviennent-ils après avoir “fait leur temps” ? Quels sont leurs défis ?
Retour d’expérience avec le témoignage personnel de François Longeron, ancien pasteur de PSP Villers-lès-Nancy. Qu’il soit un encouragement pour tous les responsables « sortants » à trouver leur voie…
Ce sera sous forme de témoignage et de questionnement que je vais partager maintenant et pas des conseils. Nous sommes tous différents de part notre santé, nos dons, nos situations familiales & de ministères comme de nos ressources. Voici mon cheminement.
À 64 ans, je me mets « à la retraite » dans le but premier de diminuer les charges financières de l’église en projet d’agrandissement de bâtiment. On me soutient à 80% mais je propose à l’église de m’aider à garder mon niveau financier mensuel en participant juste au complément de ma retraite pour garder les mêmes rentrées financières avec une condition : que l’écart envoyé à Perspectives soit mis dans les travaux ainsi que les charges sociales Cavimac. Je reste à plein temps !
4 ans plus tard, l’église entrevoit une possibilité d’un successeur en la personne de Vincent Dousselin de Rennes. Ses visites et l’AG concrétisent ce projet et Vincent sera là au 1er septembre 2024 pour mes 69 ans.
Ayant été président de la pastorale lorraine pendant plusieurs années, j’ai connu et vu des situations difficiles de collègues âgés qui voulaient rester dans l’église jusqu’à ce que mort s’en suive. Et cela ne me semblait pas toujours clean pour eux et pour le renouvellement dans l’église. (Constat uniquement personnel)
J’ai constaté que d’autres souhaitaient tout plaquer pour vivre « une heureuse retraite » mais ce modèle ne me convenait pas non plus.
Je suis veuf depuis 4 ans et j’ai 7 enfants, 19 petits enfants répartis du Canada à la Roumanie, dont une de mes filles célibataire qui se bat contre les suites d’un Covid long et revient chez moi de temps en temps notamment les vacances scolaires.
Avant l’arrivée de Vincent, j’avais tiré la conclusion suivante : « le passé c’est de l’histoire, le présent se vit et l’avenir se construit ». Je ne souhaitais pas rester bloqué dans le passé : le deuil pour moi devait être un temps défini entre la « perte de l’être cher » et une date que je me suis imposé. Puis venait le temps de se reconstruire et donc de construire un avenir.
Mon choix était le suivant, si Dieu le voulait :
- Dès l’arrivée d’un successeur, je quitte l’église et je change de ministère
- Par la même occasion et pour laisser toute latitude à Vincent, je quitte toutes mes responsabilités comme délégué CNEF du département, responsable dans l’Entente Évangélique, dans l’action sociale de l’église, la librairie chrétienne, le travail dans les quartiers difficiles, et j’en passe tout cela en travaillant avec de futurs responsables pour assurer le suivi notamment à l’Entente et le CNEF entre autres.
- En parallèle, je me construis un nouveau ministère
- Prédicateur itinérant en particulier dans mon secteur 3 dimanches par mois. J’ai toujours eu à cœur les églises de la région avec ou sans pasteur. Les églises envoient leurs dons à Perspectives pour me défrayer de mon ministère mais certaines n’en ont même pas les moyens.
- J’interviens par de petites méditations à la radio « RCF » et des réflexions chrétiennes sur l’actualité plusieurs fois par mois.
- On m’a proposé d’écrire des feuillets de calendriers : ce que je fais quand j’ai une idée à cœur ! Pas de pression donc.
- Je « m’occupe » de trois personnes âgées équipées de téléassistance. Ce sont des visites « de courtoisie » ou appels téléphoniques de temps à autre, mais malheureusement aussi des interventions en cas de chutes et donc par appel de la téléassistance chez moi.
- Pendant longtemps, j’ai œuvré dans une association familiale non chrétienne d’où je m’étais retiré au début des années 2000 par surcroit de travail. Depuis, l’équipe dirigeante n’avait de cesse de me rappeler à l’œuvre. Avec des conditions notamment de rester libre de mes mouvements (donc pas de réunions etc …), je suis actuellement responsable de leur communication avec mise en place et entretien d’un nouveau site Internet, confection de flyers, interactions avec les réseaux sociaux, mail mensuel d’informations, etc
- Mais le conseil de l’église de Villers est venu me rechercher pour ses travaux dans l’ancien bâtiment et le suivi du chantier qui est un agrandissement de la salle de culte et création de salles d’école du dimanche.
- Il m’arrive aussi de passer du temps avec l’un ou l’autre collègue (écrit ou téléphonique) quelle que soit son Union d’église et à leur demande, pour partager, questionner réfléchir sur un sujet d’actualité dans l’église.
- Et là, j’espère avoir un peu de temps pour ce qui me passionne à côté : la photo et la vidéo.
- Je me suis aussi laissé une année où j’allais visiter gentiment et vivre le culte dans toutes les églises du coin les dimanches où je n’étais pas de prédication avant de me « poser » à la rentrée prochaine.
Je suis content de rester à Perspectives dans ce nouveau ministère. Je ne souhaitais pas être un électron libre. Je remercie aussi Guillaume et Salomé pour le suivi de mon compte PSP (je sais, vous direz que c’est normal mais je l’apprécie beaucoup) et qui gèrent les dons d’amis et des églises où je passe (ou pas).
Combien de temps ? Quel but ? Pour le moment, et tant que le Seigneur m’en donne les possibilités, je voulais rester à son service ! Je suis conscient que la tête et le corps peuvent défaillir vite à cet âge, mais pour le moment, c’est ainsi que j’envisage ma vie au service des églises et de notre Seigneur.
Merci pour vos prières.